Histoire

Il y a près de 40 ans, le Dr Charles Mérieux, président de la Fondation Mérieux, et le Pr Jacques Monod, directeur de l’Institut Pasteur, décident de s’atteler au problème du manque d’accès aux vaccins en Afrique. Philippe Stoeckel, ancien collaborateur du Dr Mérieux et alors élève de l’Institut Pasteur, est chargé de développer un projet répondant à cet enjeu. De là germe l’idée de créer un organisme sans but lucratif, l’Agence de Médecine Préventive, ou l’AMP.

Grâce au financement initial de la Fondation Mérieux et du ministère français de la Coopération, l’AMP s’établit en 1972 à Bobo-Dioulasso, Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso). L’objectif est d’y créer un bureau régional pour faciliter le travail dans huit pays francophones réunies au sein de l’Organisation de Coordination et de Cooperation pour la Lutte Contre les Grandes Endemies (OCCGE) : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo. 

Un premier défi de taille : le renforcement des systèmes et stratégies de vaccination (années 70)

La mission première de l’AMP est d’améliorer la distribution et l’administration des vaccins ainsi que le diagnostic des maladies infectieuses. En collaboration étroite avec l’OCCGE, l’AMP concentre ses efforts sur l’amélioration de la collecte des prélèvements pour le diagnostic en laboratoire de la fièvre jaune, la variole du singe, le choléra, la rougeole et la méningite à méningocoque.

Très vite, l’organisation étend son champ d’activité de la surveillance épidémiologique aux essais cliniques et études d’efficacité. A la fin des années 70, l’AMP est largement impliquée dans le développement et l’expérimentation de deux vaccins en particulier : le vaccin polysaccharidique contre les méningocoques de groupes A et C, et le vaccin antipoliomyélitique inactivé renforcé (eIPV). Ce dernier est le fruit d’une collaboration entre les Docteurs Jonas Salk, Charles Mérieux et Hans Cohen. Pour optimiser leur travail, ils créent le Forum for the Advancement of Immunization Research (FAIR), au sein duquel l’AMP assure le secrétariat scientifique.

Des partenariats pour améliorer la couverture vaccinale et les services de santé (années 80)

Au cours de la décennie suivante, l’AMP collabore avec l’UNICEF, l’OMS et d’autres partenaires pour développer - en Afrique de l’Ouest et notamment au Burkina Faso - l’initiative Universal Child Immunization (UCI), lancée par James Grant, directeur exécutif de l’UNICEF.

C’est à cette époque que s’imposa la nécessité de former les professionnels de santé locaux à l’épidémiologie. En 1983, l’AMP noue un partnariat avec les U.S. Centers for Disease Control and Prevention (CDC) pour developer l’épidémiologie appliquée en France et en Afrique francophone. De là nait l’Institut pour le développement de l’épidémiologie appliquée (IDEA), qui forme les professionnels de santé français et africains.

Expansion et impact croissant (les années 90)

Les années 90 marquent un tournant pour l’AMP et la vaccination. En 1994, le 4ème séminaire international sur les vaccinations en Afrique - organisé par l’AMP à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire – met l’accent sur les enjeux de la sécurité des injections, l’efficacité de la vaccination, l’économie de la santé et la pérennité de la vaccination. Par la suite, l’AMP étend ses activités en les concentrant sur ces domaines, et crée en l’occurence EPIGEPS, un programme de formation-action en épidémiologie et management sanitaire.

A la fin de la décennie, l’AMP s’engage, en collaboration avec la William H. Gates Foundation, PATH et d’autres partenaires, dans l’établissement d’une alliance stratégique et pérenne pour la vaccination, qui devient en 2000 l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI Alliance). 

Présent et futur

Au cours des années 2000, l’AMP poursuit sa collaboration avec différents acteurs de l’industrie du vaccin, réduisant ainsi le fossé entre secteurs public et privé. En 2002, en appui au processus GAVI en Afrique et grâce à une contribution de Sanofi Pasteur, elle conçoit et lance EPIVAC©, un programme de formation destiné aux professionnels de santé d’Afrique sub-saharienne au niveau des districts.

Avec près de 60 collaborateurs répartis dans plusieurs pays sur quatre continents, l’AMP demeure fidèle aux valeurs fondatrices établies il y a quatre décennies. Nous continuons de collaborer étroitement avec des partenaires de santé publique régionaux et internationaux, des ministères de la Santé à l’industrie du vaccin, afin de lutter contre les maladies infectieuses et de soutenir des politiques de santé pérennes dans les pays pauvres.

Aujourd’hui, l’AMP se mobilise plus que jamais pour asseoir son efficacité et augmenter ses activités en dehors de l’Afrique, notamment en Asie du Sud-Est.